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Deuxième dimanche du temps ordinaire  Année «A»
Dimanche 19 janvier 2020
Père Pierre Drouin, cjm, président de la célébration et homélie




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Deuxième dimanche ordinaire 2020

 

Issue 49,3-6

Psaume 40(39)

I Corinthiens 1,1-3

Jean 1, 29-34

        

         Nous retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche, une expression que  l’Église reprend très souvent à la messe, particulièrement au moment d’inviter l’assemblée  à la communion. C’est pourquoi j’ai pensé méditer avec vous. «Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde» (Jean 1,29).

         Jésus reprend en lui tout ce que les prophètes de l’ancien Testament annonçaient pour le porter à une révélation inouïe : il est  le Messie, il est « Fils de Dieu», un fils qui est  Serviteur. On ne peut être Fils, image du Père, qu’en se faisant «serviteur», ou plus précisément comme le dit l’évangile de ce jour, qu’en se faisant  «agneau». 

Agneau-Serviteur: pour comprendre l’image, il faut ouvrir le livre d’Isaïe. Le Serviteur de Dieu comparé à un agneau: « Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. »(Is 53,7).Mais que représente la figure de l’agneau? Il est celui, nous dit le texte d’Isaïe qui « a été transpercé par nos fautes, broyé par nos péchés... Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui… ». Il était comparé à un agneau innocent qui portait les péchés de la multitude.

Alors en quoi consiste » le péché du monde» ?

         Je crois que le mot désigne la violence meurtrière, qui peut se pratiquer dans le domaine social, économique ou sexuel. Chaque fois qu’un être humain est réduit à l’état d’objet de profit ou de jouissance, on est déjà dans le meurtre : l’homme, la femme parfaitement réduit à l’état d’objet, c’est bien le cadavre. 

«Le péché du monde», c’est que les petits et les faibles continuent d’y être écrasés, qu’il y ait des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui souffrent de la faim, que des enfants soient enlevés pour en faire des soldats, que des centaines de milliers de familles soient chassées de leurs maisons et de leurs terres par la guerre, qu’on consacre des milliards pour fabriquer des engins de morts, de guerre et qu’on ne trouve pas les moyens suffisants pour développer des médicaments génériques capables de soigner efficacement et de guérir. 

En face des prédateurs (“predator’ tueur- pillard-…) de tous genres, l’agneau est l’animal que l’on tond, que l’on égorge, que l’on dévore. Le “Christ-agneau” porte, supporte et emporte «le péché du monde» parce qu’il se met à la merci de tous les prédateurs. Inconsciemment, à certains moments, nous voudrions plutôt qu’il surmonte la violence par un surcroît de violence, entreprise insensée puisqu’elle ne peut que redoubler la spirale infernale de la violence dans le monde.

Mais nous savons que c’est par le scandale de la croix que le Seigneur est l’agneau dévoré qui vient nous libérer. Face au Seigneur, Il  nous faut d’abord prendre conscience de notre propre violence pour la rejeter. C’est ce qu’on appelle la « conversion ».

         Dans l’Apocalypse (5, 1-14), nous lisons que seul l’agneau qui a été égorgé (par nous) est digne de briser les sceaux du Livre et de le déchiffrer. Quel Livre : il s’agit des catastrophes qui frappent l’humanité. Le Livre de l’histoire humaine, de nos joies et de nos peines, de nos conflits et de nos réconciliations. À travers cela, qui paraît à première vue absurde, privé de sens et rempli de fureur, se vit l’histoire de Dieu avec les hommes et les femmes du monde. 

Du coup, tout retrouve un sens, une direction ; tout s’en va vers un terme. Ce terme, c’est le don aux hommes de l’Esprit de Dieu, cet Esprit qui nous rend conformes au Fils. Dans notre évangile nous le voyons venir sur le Christ et demeurer en lui (v.32).

         Et cet agneau voici qu’il devient pour nous «nourriture pour la vie ». C’est bien cela que nous signifions par l’Eucharistie.  En nous unissant au Christ par la conversion, les sacrements et la prière, nous pouvons laisser l’Esprit demeurer en nous et nous faire apporter dans ce monde de violence, chacun à notre manière,  un peu de justice, de paix et de lumière. ! Rappelons-nous cela quand nous prions ces paroles.