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Premier dimanche de l'Avent  Année «A»
Dimanche 1er décembre 2019
Père Pierre Drouin, cjm
président de la célébration et homélie



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Premier Dimanche de l’Avent 

1er  décembre 2019

Isaïe 2,1-5

Psaume 122 (121)

Romains 13, 11-14

Matthieu 24,37-44

Frères et Sœurs,

Lorsqu’on se prépare à faire une homélie, il y a toujours quelque chose qui nous frappe et qui d’une certaine façon s’impose à nous

         Revenant de Saulnierville, l’autre soir, je me suis rendu compte que déjà plusieurs maisons étaient illuminées, remplies de lumières… car on se prépare à Noël. J’ai vu aussi  une annonce de Canadian Tire où on annonçait  une façon merveilleuse d’illuminer votre maison à l’extérieur et même à l’intérieur.

En même temps, je méditais les textes de ce dimanche. C’est la deuxième lecture qui m’a frappé davantage car on parle de lumière

Nous venons d’écouter saint Paul qui parlait aux Romains, et qui nous parle à nous  ce matin. D’abord, il nous dit  que « Le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants » ...  Et c’est bien vrai! Même si on célèbre chaque année l’Avent et Noël, l’histoire ne recommence pas…le projet de Dieu avance infailliblement. Chaque jour, nous pouvons dire que le dessein bienveillant de Dieu est plus avancé qu’hier: il est en train de s’accomplir, il progresse... lentement mais sûrement. Et cela fait grandir notre espérance! Pensons à notre «birthday»…

Et vous et moi, nous devons être bien conscients de cela et l’annoncer autour de nous. C’est un article essentiel de la foi chrétienne. Comme chrétiennes, chrétiens, nous n’avons pas le droit d’être abattus, tristes, parce que chaque jour, « le salut est plus près de nous », comme dit Paul. Nous devons être des messagers d’espérance autour de nous.

         Ce qui me surprend en plus, c’est que ce plan de Dieu a besoin de nous : ce n’est donc pas le moment de dormir: nous qui avons la chance de connaître le projet de Dieu, nous ne pouvons pas courir le risque de le retarder ; je pense ici à la deuxième lettre de Pierre, que nous méditons au Bréviaire, cette semaine : « Non, le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, (alors que certains prétendent qu’il a du retard), mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent, mais que tous parviennent à la conversion ». (II Pierre 3,9). Ce qui veut dire que notre inaction, notre «sommeil» a des conséquences sur l’avancement du projet de Dieu: ça veut dire que  laisser nos capacités, nos possibilités inactives, «en sommeil,» c’est au moins retarder le projet de Dieu.  Pensons  à tout ce que nous devrions faire. On dit “j’aurais dû… (Péché d’omission): le dessein bienveillant de Dieu n’attend pas. Comme dit Saint Paul, la nuit est bientôt finie, le jour est tout proche… Vous allez me dire que c’est un peu prétentieux de nous donner tant d’importance : comme si notre conduite influait sur le projet de Dieu... et pourtant, c’est bien vrai : c’est ce qui fait la grandeur, la gravité de nos vies : si j’en crois Saint Paul, notre conduite de tous les jours est de la plus haute importance ; je reprends le v.13 :

 «Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans dispute ni jalousie... ». Ces choses-là, ce sont des « activités de ténèbres »,

         Nous savons très bien qu’il y a des manières chrétiennes de se comporter et des manières qui ne méritent pas le nom de chrétiennes. Il y a des activités de ténèbres et des activités de lumière ; ce qui ne veut pas dire que nous chrétiens avons toujours des comportements dignes de notre baptême et que les non-chrétiens n’auraient pas des comportements dignes de l’évangile... on peut fort bien être chrétien, c’est-à-dire baptisé, et se comporter de manière non-conforme à l’évangile... comme on peut fort bien ne pas être baptisé et se comporter selon l’Évangile.

Mais en fait, et c’est certainement important, Paul dit « Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous des armes pour le combat de la lumière ». (v.12)

Il me semble que cela veut dire deux choses :

Première chose, bien sûr, c’est ce choix que nous devons refaire chaque jour, un choix qui peut parfois prendre l’allure d’un vrai combat ; actuellement, nous ne manquons pas d’exemples : devant les questions de société, entre autres, le choix de vivre selon l’évangile peut nous placer complètement à contre-courant de notre entourage, parfois très proche .Je pense par exemple,…à la question du suicide assisté… le choix du pardon, aussi, nous le savons bien, peut-être, dans certains cas, un véritable combat intérieur... Le refus des privilèges, des commissions, autant de combats contre nous-mêmes et contre les habitudes faciles de notre société ... : « enfants de Dieu sans tache, au milieu d’une génération dévoyée (c’est-à-dire qui a perdu son chemin) et pervertie, vous apparaissez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui portez la parole de vie »... (Phi 2,12).

Deuxième chose : dans cette phrase « revêtons-nous pour le combat de la lumière », il y a aussi l’image du vêtement de combat. Paul emplie souvent cette image: (II Cor 6,7 et I Thessaloniciens, 5,8). C’est donc tout un équipement militaire qu’il nous propose. Et Ici, il parle d’un vêtement de lumière et ce vêtement de lumière n’est autre que Jésus-Christ lui-même dont la lumière nous enveloppe comme un manteau ; puisque, après avoir dit « revêtons-nous pour le combat de la lumière », il ajoute « revêtez le Seigneur Jésus-Christ »(v,14).

         Au fond, cette phrase « Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière » est certainement une allusion à la célébration du Baptême : vous savez que le Baptême était donné par immersion; pour être plongé dans le baptistère, le baptisé rejetait d’abord ses vêtements pour être revêtu ensuite d’une robe blanche, signe que le baptisé était désormais un être nouveau en Jésus-Christ. Vous connaissez la phrase de la lettre aux Galates « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » (Gal 3,27).

Ce qui veut dire que ce combat du comportement chrétien, qui dépasse nos forces, il faut bien le reconnaître, ce combat n’est pas notre combat, mais celui du Christ en nous. Alors nous nous souvenons de cette phrase de Jésus lui-même : « Quand on vous persécutera, mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à préparer votre défense. Car moi, je vous donnerai un langage et une sagesse que ne pourront contrarier, ni contredire aucun de ceux qui seront contre vous ».

         Frères et sœurs, en ce temps de l’Avent et de Noël, où nous verrons tant de lumière, que ce soit pour nous l’occasion de nous rappeler, une fois de plus, notre condition de Baptisés, appelés à porter la lumière du Christ autour de nous  et à faire grandir l’espérance au cœur de ce monde qui est le nôtre.

Amen!