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Seizième dimanche du temps ordinaire, Année «C»
Marthe et Marie
Dimanche 21 juillet 2019
Père Honoré Kouassi N'Gouan, c.j.m.
président de la célébration et homélie

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15ème dimanche

14 Juillet 2019

 

Deutéronome 30,10—14 

Psaume 19(18)

Colossiens 1,15-20

Luc 10,25-37

Frères et soeurs,

         L’Évangile que nous venons d’entendre est une histoire que nous connaissons trop bien peut-être. Aussi, il nous faut essayer de la regarder, ce matin, avec un oeil neuf pour qu’elle nous parle encore aujourd'hui. 

         La parabole vient en réponse à une question posée par un spécialiste de la Loi (Tora), c’est-à-dire de la Règle de vie donnée par Dieu à son peuple par l'intermédiaire de Moïse. « Seigneur, que faire pour vivre de Dieu? » « Vivre de Dieu », c'est ainsi qu'on pourrait traduire: « hériter de la vie éternelle. »Cette vie éternelle est la vie divine et elle nous est donnée dès maintenant. C'est dès ici-bas que nous sommes invités à vivre de Dieu, à vivre avec Dieu. 

         À cette question, Jésus ne répond pas directement. Il questionne le Légiste: Dans la Loi, que lis-tu ? Et le légiste va répondre en résumant toute la Loi par le double précepte de l'amour de Dieu et du prochain. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu …(Deutéronome 6,5) et tu aimeras ton prochain comme toi-même Mais, ajoute-t-il, «qui est mon prochain?» 

La question peut nous surprendre aujourd'hui. Mais, à l'époque de Jésus, elle était beaucoup discutée. Le mot grec «τὸν πλησίον» -employé ici- est le plus souvent traduit par «prochain». Mais le mot araméen qui lui correspond, qui a probablement été utilisé par Jésus serait mieux traduit par »compagnon» car il veut dire : «celui avec qui je prends le repas.» (Or on sait que le mot français “compagnon” signifie “celui avec qui je partage le pain {cum  (avec) et panis  (pain)}.  La question est donc: Qui est celui avec qui je peux, avec qui je dois  partager le repas?

         Au temps de Jésus, prendre un repas avec quelqu'un est un acte sacré: il signifie la communion entre ceux et celles qui sont à table. Les Juifs pouvaient dire: « Dis-moi avec qui tu manges, je te dirai qui tu es : un juif fidèle à la Loi ou un hérétique. » Pour la majorité de ceux qui interprétaient la Loi, «le compagnon,» c'était d'abord le compatriote, le Juif. Voilà donc dans quel contexte se trouve posée la question de l’homme de la Loi. Parmi les gens, comment distinguer ceux avec qui on peut manger ?

Jésus va répondre par une parabole, une histoire: celle du Samaritain. Un voyageur est frappé, maltraité et laissé à moitié-mort. Deux hommes, qui sont des ministres du culte du Temple,  un prêtre et un lévite, vont passer sans se préoccuper du blessé. Sans doute risquent-ils une impureté rituelle s'ils touchent un éventuel cadavre. Pour eux, la pureté religieuse passe avant la compassion humaine...

         Au contraire, c'est le troisième passant, un Samaritain qui s’arrête. Nous savons que les Juifs méprisaient les Samaritains qu’ils considéraient comme hérétiques et les Samaritains, de leur côté, ne pardonnaient pas aux Juifs d’avoir détruit leur sanctuaire sur le mont Garizim (en 129 av.J.C.). Le mépris, à vrai dire, était ancestral. (L’historien Flavius Josèphe raconte que des Samaritains avaient souillé le Temple de Jérusalem quelques années auparavant. En effet, durant les fêtes juives de la Pâque, ils avaient répandu, de nuit, des ossements humains dans le Temple. Ce qui avait ravivé une haine pleine de passions entre les deux camps.) 

         Jésus voulait-il provoquer les Juifs en mettant en scène ce Samaritain comme le vrai fidèle à la Loi? Il nous dit que ce samaritain «le vit et fut pris de pitié», (v.33) le conduisit à l’hôtellerie, prit soin de lui, partagea avec lui le pain, et le confia à l'hôtelier. Cette émotion« jusqu’aux entrailles » (tout le contraire de la dureté des cœurs de pierre,) nous dit que le Samaritain, (ce mécréant aux yeux des Juifs) est l’authentique compagnon, «le prochain» qui est capable d’être « l’image de Dieu »

A son niveau personnel, on voit quelle attitude Jésus lui-même a choisie, lui qui dispense sans compter, tout au long de sa mission,  compassion et guérison.

Alors, si on demande à Jésus « Qui donc est mon prochain ? », il nous répond : A toi de décider jusqu’où tu acceptes de te faire proche.

 Et si l’on se pose la question : Pourquoi le Samaritain nous est-il donné en exemple ? La réponse est toute simple : parce qu’il est capable d’être saisi de pitié.

 A nous aussi, Jésus dit : « Va, et toi aussi, fais de même.(v.37) » sous-entendu, ce n’est pas facultatif : « Fais ainsi et tu auras la vie »  C’est ce qu’il avait-il dit à son interlocuteur un peu avant (v.28); Luc répète souvent cette exigence de cohérence entre parole et actes : c’est bien beau de parler comme un livre (c’est le cas du docteur de la Loi, ici), mais cela ne suffit pas : « Ma mère et mes frères, disait Jésus, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. » (Luc 8, 21) ”Grand parleur-p’tit faiseur”.

         Chacun est invité à se faire «le compagnon» de celle, de celui qui a besoin d'être aimé. «Va, et toi aussi fais de même.» Mais qui est capable d'un tel amour ? Il n'est pas de limites à la miséricorde. Lorsqu'il s'agit d'aimer, il n'y a ni calcul, ni comptabilité; ni pur ni impur. 

         Cela demande de faire confiance : ce qui nous est impossible devient possible si seulement nous accueillons en nous le Christ et la force de son Esprit. Alors nous aimerons d'un amour qui nous fait «hériter de la vie éternelle».