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Vingt quatrième dimanche du temps ordinaire, Année «C»
Parabole de la Brebis perdue et retrouvée
Dimanche 15 septembre 2019
Père Pierre Drouin, cjm
président de la célébration et homélie

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24e dimanche  2019

Exode 32,7-13

Psaume 51(50)

I Timothée 1,12-17

Luc 15,1-10

 

Frères et soeurs,

         Nous venons d’entendre deux petites paraboles et si vous regardez la suite, dans vote bible, vous verrez qu’il y en a une troisième, la parabole de l’enfant prodigue que nous connaissons bien, qu’on appelle aussi la parabole du Père miséricordieux.

         Ces trois histoires racontées par Jésus, décrivent sa mission qui est de rechercher les perdus.

         Jésus a prononcé ces paraboles en réponse aux pharisiens et aux scribes qui ont mis en doute la communion qu'il partageait avec «des collecteurs d'impôts et des pécheurs». On peut comprendre leur confusion. Les pharisiens vivaient leur foi avec beaucoup de conviction. Une application rigoureuse de la Loi à tous les aspects de la vie était, croyaient-ils, une offrande de foi à Dieu. Une telle application nécessitait une détermination et un mode de vie qui soutiendrait leurs efforts. Ils craignaient qu’un contact prolongé avec des personnes qui ne se préoccupaient pas de telles choses, affaiblirait leur foi.

On dit souvent: «Vous devenez comme vos amis». Aujourd’hui, de nombreux parents avertissent leurs enfants de ne pas aller avec tel autre enfant qu’ils jugent comme nuisible à leurs enfants. 

À l’époque de Jésus, ceux qui étaient attachés à l’instruction de Dieu choisissaient de la même manière des amis qui soutiendraient leur engagement  religieux.

Les collecteurs d’impôts et les pécheurs étaient donc vus comme une menace. Leur collaboration avec les Romains et l’indifférence à l’égard des traditions juives mettait en danger l’identité du peuple. Les collecteurs d’impôts se sont enrichis en pillant le peuple juif au nom de Rome.

         Jésus lui-même a probablement vécu les traditions d'Israël de manière rigoureuse. Les évangiles nous parlent des pharisiens qui l’invitaient  à dîner, ce qu'ils n'auraient pas fait s'il n'avait pas été un juif observateur. Il a reconnu que cette rigueur devait être un exemple pour les autres. Israël devait être un phare, attirant le reste de l'humanité au-delà des tentations de son intérêt personnel de découvrir la vérité de l'existence humaine en Dieu. Ceux qui ont suivi les instructions de Dieu mais ne se sont pas préoccupés des autres ont échoué dans cette tâche. Une vie en union avec Dieu exigeait de rechercher les perdus et de les «accueillir» à leur retour.

         La conduite de Jésus est  donc scandaleuse aux yeux des pharisiens et des scribes : «il fait bon accueil » aux publicains et aux pécheurs ! (v.2) Et  voilà qu’ils venaient tous à Jésus pour l'écouter. (v.1)  OUI! TOUS, pas l'un ou l'autre seulement, tous. C'est donc qu'il parlait un langage qui leur allait au cœur. Alors tombe l'accusation: il leur fait bon accueil ! « Que l'homme ne fréquente pas l'impie, même si c’est pour étudier avec lui la sainte Écriture », demandait un précepte des rabbins. Mais Jésus fait pire : il mange même avec eux et contracte ainsi une impureté légale.  Et lui, à la manière orientale, au lieu de leur donner des arguments pour les convaincre, leur raconte une histoire, une parabole dont ils n'auront pas de difficulté à saisir le sens.

Un berger a cent brebis. Ce n'est pas énorme, comparé aux milliers qu'avaient les riches. Une de perdue, ça compte ! 

Une femme a dix pièces d’argent. C'est bien toute sa fortune. Elle en perd une, l'équivalent d'une journée de travail. Pour elle, la perte est importante. 

         Déjà, Jésus nous explique comment Dieu voit le pécheur : le pécheur est quelqu'un que Dieu a perdu. Le pécheur appartient à Dieu et il est précieux pour lui. C’est l'avoir de Dieu qui se perd ! Jésus ne nie pas le péché: le pécheur est bel et bien dit tel. Mais Dieu le considère d'abord comme son avoir qu'il a perdu. Il  le cherche, et pas seulement par un rapide coup d’oeil, mais avec ténacité, jusqu'à ce qu'il l’ait retrouvé.

La femme est dite «balayer la maison», chercher avec soin. Jésus n'a-t-il pas été jusqu'au bout de sa peine, jusqu'à la croix? Et voyez ce qui se passe quand il l'a retrouvée: il prend la brebis sur ses épaules. Et il est tout joyeux, au point qu'il invite ses amis et voisins - la femme, ses amies et voisines - pour leur dire: « Réjouissez-vous avec moi. (vv 6.9)»

Les paroles des rabbins prêtaient à Dieu une bien autre joie : « C'est une joie pour Dieu quand ceux qui l'ont mis en colère disparaissent du monde ».  Combien de fois nous aussi on voudrait que les personnes qui nous ont fait du tort, que nous n, aimons pas, disparaissent…

On mesure à ces deux joies, la distance entre le Dieu des pharisiens et celui de Jésus. Vraiment, ce n'est pas le même. Le ciel se réjouit ! (v.7) Même les anges de Dieu (v.10) participent à sa joie. Quoi de plus grand ! 

Ici encore, le péché n'est pas nié, bien au contraire. C'est qu'il est au contraire effroyable, si la conversion d'un seul pécheur provoque un tel soulagement. Quel Dieu ! Car c'est de Dieu qu'il s'agit, c'est lui le personnage principal. C'est sa peine pour son bien qui lui tient à cœur, qui nous est décrite. C'est lui qui est dit joyeux des retrouvailles. Oui, Dieu est ainsi, et l'on n'a pas de peine à comprendre pourquoi les pécheurs venaient écouter cette bonne nouvelle.

Qui sont les "perdus" dans notre monde?

Que pouvons-nous faire pour les rechercher et les accueillir,  leur souhaiter la bienvenue?

         Malgré ses risques réels, Jésus a utilisé la communion fraternelle à cette fin, et nous, qui sommes ses disciples aujourd’hui, nous devons continuer à le faire.                                    

         Nous professons la même foi qui l’a gardé enraciné même parmi les collecteurs d’impôts et les pécheurs. Comme lui, notre mission est de manger et de boire avec ceux qui menacent de renverser tout ce que Dieu espère accomplir et, ce faisant, de les ramener à Dieu, qui les rencontrera avec miséricorde et joie.